Johnny parvient encore à surprendre. Il vient de réaliser un disque qui devrait compter dans sa carrière. L'album de blues dont il a toujours rêvé. Avec ses auteurs et son directeur musical Yvan Cassar, il réussit à livrer treize chansons, dans la plus pure tradition du blues, sans tomber dans le classicisme ce qui laisse espérer de bons résultats commerciaux. Un défi que sa nouvelle maison de disque Warner pourrait bien relever. Ce qui finalement ne serait pas si surprenant que cela.
A 64 ans et presque 50 ans de carrière Johnny Hallyday artistique endosse à perfection le costume de bluesman. Sa voix qui n'a jamais été aussi nocturne est soutenue par des maîtres à jouer dans ce domaine. On retrouve la guitare électrique de Tony Joe White sur "Je reviendrai dans tes bras" ou celle de Paul Personne ("Je reviendrai dans tes bras" et "Ma vie"). Mais ce sont les guitares acoustiques ou le dobro qui donne le ton sur "Monument Valley" renforcé par des churs gospel. Le chanteur et Michel Mallory donnent carrément une suite à "Toute la musique que j'aime" avec "Chavirer les foules".
Les textes écrits par Michel Mallory, Pierre Billon, Jacques Veneruso, Bruno Putzulu, Fred Blondin ou Marc Lévy sonnent juste. "Que restera-t-il/ De ma course autour du soleil/ Que restera-t-il de ma voix devant l'Eternel?", s'interroge Johnny Hallyday avant de constater sur "Ma vie" que le temps passe vite ("Je sais bien que les années passent/ Les gens me parlent du passé/ Je sais bien que le temps me chasse/ C'est difficile à supporter"), admet-il. Avec "Vous Madame", il vouvoie aussi la mort: "Vous Madame/ Ne m'attendez pas/ J'ai encore tellement de chose à voir/ Revenez plus tard") Lionel Florance a traduit un texte de Bernie Taupin ("Ce que j'ai fait de ma vie"). Le grand guitariste de blues Taj Mahal pose sa guitare solo et sa voix sur "T'aimer si mal". Autre surprise: Johnny reprend le fameux "Sarbacane" de Francis Cabrel et chante en anglais "I am the blues". Ce dernier titre est paradoxalement (comme le premier single "Always") moins blues que les autres mais son auteur, le chanteur Bono, donne à l'opus une dimension internationale.
